Vous vous demandez comment fonctionne la journée de solidarité ? Est-ce que vous devez vraiment travailler le lundi de Pentecôte ? Et surtout, serez-vous payé pour ces heures de travail ?
Cet article répond à toutes vos questions. Il vous explique simplement les règles pour que vous sachiez exactement à quoi vous attendre. Vous y trouverez des informations claires sur qui est concerné, quand elle a lieu et comment elle s’organise en 2026.
Qu’est-ce que la Journée de Solidarité ?
La journée de solidarité est une journée de travail supplémentaire, qui n’est pas rémunérée pour les salariés. Elle a été mise en place par la loi du 30 juin 2004, juste après la canicule de 2003 qui a causé une forte mortalité chez les personnes fragiles.
Son objectif principal est de financer des actions en faveur de l’autonomie des personnes âgées ou handicapées. Concrètement, les employeurs versent une contribution, la Contribution Solidarité Autonomie (CSA), qui correspond à 0,3 % de leur masse salariale. Pour les salariés, cela se traduit par 7 heures de travail non payées dans l’année.
Qui est concerné par la Journée de Solidarité ?
En principe, la journée de solidarité s’applique à une grande partie du monde du travail. Les règles peuvent cependant changer un peu selon votre statut.
Tous les salariés du secteur privé (CDI, CDD, alternants…)
Si vous travaillez dans le secteur privé, vous êtes concerné. Cela s’applique à tous les salariés, quel que soit votre contrat de travail : CDI, CDD, contrat d’apprentissage ou de professionnalisation, et même les travailleurs à domicile. Il n’y a pas de distinction.
Les agents de la fonction publique
Les agents publics, qu’ils soient fonctionnaires ou contractuels, sont aussi soumis à cette journée. Les modalités d’application sont fixées par l’administration et ressemblent beaucoup à celles du secteur privé.
Les cas particuliers à connaître
Certaines situations demandent des ajustements spécifiques. Il est important de les connaître pour bien comprendre vos droits.
- Salariés à temps partiel : La durée du travail pour cette journée est calculée au prorata de votre temps de travail. Par exemple, pour un salarié à mi-temps (17,5h par semaine), la durée sera de 3,5 heures.
- Jeunes de moins de 18 ans : S’ils doivent effectuer cette journée, ils ne peuvent pas la faire un jour férié. L’employeur doit trouver une autre date.
- Stagiaires : Ils ne sont pas concernés. Un stagiaire n’est pas lié par un contrat de travail et n’est donc pas soumis à cette obligation.
Tableau Récapitulatif des Règles par Statut
Pour y voir plus clair, voici un tableau qui résume les règles pour chaque situation. Il vous permet de trouver rapidement les informations qui vous concernent.
| Type de salarié | Durée à effectuer | Rémunération | Spécificités |
|---|---|---|---|
| Salarié à temps plein | 7 heures | Non rémunérée | La base de référence pour tous les calculs. |
| Salarié à temps partiel | Durée proratisée | Non rémunérée | Exemple : 3,5h pour un mi-temps. Le calcul est proportionnel à la durée de votre contrat de travail. |
| Salarié en forfait jours | Une journée de travail | Non rémunérée | La journée de travail supplémentaire n’est pas décomptée du nombre de jours prévus au forfait. |
| Salarié non-mensualisé (intérim, saisonnier) | 7 heures (proratisé si besoin) | Non rémunérée | Les heures sont dues comme pour les autres salariés. |
| Jeune de moins de 18 ans | 7 heures (proratisé si temps partiel) | Non rémunérée | Ne peut pas être effectuée un jour férié. |
Quand a lieu la Journée de Solidarité en 2026 ?
Beaucoup pensent que cette journée tombe toujours le lundi de Pentecôte. Mais la réalité est plus souple que ça.
Le Lundi de Pentecôte : la date la plus courante, mais pas obligatoire
En 2026, le lundi de Pentecôte est le Lundi 25 mai 2026. Historiquement, c’était la date fixée par défaut. Aujourd’hui, ce n’est plus une obligation légale. De nombreuses entreprises continuent de choisir ce jour par habitude, mais elles ont d’autres options.
Comment la date est-elle fixée dans l’entreprise ?
La décision sur la date de la journée de solidarité suit un ordre de priorité très clair. Cela garantit que les salariés sont informés correctement.
- Un accord d’entreprise ou de branche peut définir les modalités. C’est la solution qui prime sur toutes les autres.
- S’il n’y a pas d’accord, c’est la décision de l’employeur qui s’applique. Il doit cependant consulter le Comité Social et Économique (CSE) avant de fixer la date.
Quelles sont les différentes manières d’accomplir cette journée ?
Il n’y a pas une seule façon de faire cette journée. La loi prévoit plusieurs possibilités, ce qui donne de la flexibilité aux entreprises pour s’organiser.
Voici les trois modalités principales :
- Travailler un jour férié qui était auparavant chômé dans l’entreprise. Attention, le 1er mai est le seul jour férié qui ne peut jamais être choisi pour cela.
- Supprimer un jour de RTT. C’est une solution très courante, souvent appelée « RTT solidarité » sur les fiches de paie.
- Mettre en place toute autre modalité permettant le travail de 7 heures supplémentaires. Cela peut être, par exemple, travailler un samedi, ou même fractionner ces 7 heures sur plusieurs jours si l’accord d’entreprise le permet.
Questions Fréquentes sur la Journée de Solidarité
Cette journée soulève souvent des questions pratiques. Voici les réponses aux interrogations les plus courantes des salariés.
Peut-on refuser de travailler ?
Non, vous ne pouvez pas refuser. L’accomplissement de la journée de solidarité est une obligation légale pour les salariés concernés. Un refus de votre part est considéré comme une absence injustifiée.
Cette absence peut entraîner une retenue sur salaire et même une sanction disciplinaire. Dans les cas les plus extrêmes, cela pourrait aller jusqu’au licenciement pour faute.
Que se passe-t-il en cas de changement d’employeur ?
Un salarié ne doit effectuer la journée de solidarité qu’une seule fois par an. Si vous changez d’entreprise en cours d’année et que vous avez déjà fait cette journée chez votre ancien employeur, vous avez deux options :
- Vous pouvez refuser de la faire à nouveau, sans que cela constitue une faute. Vous devrez simplement le prouver (par exemple avec une fiche de paie).
- Vous pouvez accepter de la travailler une seconde fois. Dans ce cas, les heures effectuées devront être payées comme des heures supplémentaires rémunérées.
💡 À retenir : La journée de solidarité déjà effectuée chez un ancien employeur vous protège. Vous n’avez pas à la refaire gratuitement la même année chez votre nouvel employeur.
Peut-on poser un jour de congé ?
Oui, il est possible de poser un jour de congé payé ou un RTT le jour de la journée de solidarité, mais seulement avec l’accord de votre employeur. Il n’est pas obligé d’accepter votre demande.
Inversement, un employeur ne peut pas vous imposer de poser un jour de congé payé à la place de la journée de solidarité. C’est une décision qui doit venir de vous.
FAQ sur la Journée de Solidarité
Pour finir, voici des réponses rapides aux dernières questions que vous pourriez vous poser.
La journée de solidarité est-elle payée ?
Non, les 7 heures de travail (ou la durée proportionnelle pour un temps partiel) effectuées ce jour-là ne sont pas rémunérées. C’est le principe même de cette journée. Cependant, si votre employeur vous demande de travailler au-delà de ces 7 heures, les heures supplémentaires doivent être payées normalement.
Les stagiaires doivent-ils faire la journée de solidarité ?
Non. Les stagiaires ne sont pas considérés comme des salariés car ils n’ont pas de contrat de travail. Ils n’ont donc aucune obligation de participer à la journée de solidarité.
Comment est calculée la journée de solidarité pour un mi-temps ?
La durée est calculée au prorata de votre temps de travail contractuel. Pour un contrat à mi-temps (17,5 heures par semaine sur une base de 35 heures), la durée à effectuer est de 3,5 heures. Le calcul est simple : 7 heures x (17,5h / 35h).