Vous venez de recevoir une amende pour téléphone au volant ? Vous vous demandez pourquoi le montant est de 90 euros au lieu des 135 euros habituels ? Vous cherchez à comprendre vos droits et les démarches possibles ?
Rassurez-vous, vous n’êtes pas seul dans cette situation. Chaque année, plus d’un million de conducteurs se font verbaliser pour usage du téléphone au volant en France.
Cette amende minorée de 90 euros correspond au tarif réduit que vous payez si vous réglez rapidement votre contravention. Mais attention, ce tarif avantageux cache d’autres conséquences que vous devez absolument connaître.
Voici tout ce que vous devez savoir sur cette infraction, ses sanctions et vos recours possibles.
Téléphone au volant : ce que dit exactement la loi
L’article R412-6-1 du Code de la route est très clair : l’usage d’un téléphone tenu en main par le conducteur d’un véhicule en circulation est strictement interdit. Cette règle s’applique que vous soyez à l’arrêt à un feu rouge, en embouteillage ou en mouvement.
Depuis le Comité interministériel de la sécurité routière de janvier 2018, les sanctions se sont durcies. L’objectif ? Lutter contre ce fléau qui multiplie par 3 le risque d’accident lors d’un appel téléphonique, et par 23 lors de l’envoi d’un SMS selon les statistiques officielles.
Cette infraction constitue une contravention de 4e classe. Les forces de l’ordre peuvent vous verbaliser de plusieurs façons :
- Contrôle direct par les agents sur la route
- Vidéoverbalisation via les caméras de surveillance
- Constatation lors d’un autre contrôle routier
Le décret n°2020-605 a renforcé les mesures répressives en ajoutant la possibilité de rétention immédiate du permis dans certains cas précis que nous détaillerons plus loin.
Montants des amendes : de 90 à 750 euros selon les cas
Le système d’amende forfaitaire prévoit plusieurs montants selon votre rapidité de paiement et votre situation :
| Type d’amende | Montant | Délai |
|---|---|---|
| Amende minorée | 90 € | 15 jours (30 jours si télépaiement) |
| Amende forfaitaire | 135 € | 45 jours |
| Amende majorée | 375 € | Après 45 jours |
| Amende maximale | 750 € | Jugement au tribunal |
L’amende minorée de 90 euros représente donc une économie de 45 euros par rapport au tarif normal. Certaines préfectures appliquent une réduction supplémentaire de 20% pour les paiements en ligne, ramenant l’amende majorée à 300 euros au lieu de 375 euros.
Attention : même en payant l’amende minorée, vous perdrez automatiquement vos points. Le paiement rapide ne vous dispense pas de cette sanction.
Cas particuliers et cumuls d’infractions
Si votre usage du téléphone s’accompagne d’autres infractions simultanées, les sanctions s’additionnent. Par exemple :
- Téléphone + excès de vitesse = deux amendes distinctes
- Téléphone + non-port de la ceinture = cumul des sanctions
- Téléphone + franchissement de ligne continue = aggravation possible
Retrait de points et récupération : ce qu’il faut savoir
L’usage du téléphone au volant entraîne automatiquement le retrait de 3 points sur votre permis de conduire. Cette sanction s’applique dès le paiement de l’amende ou la reconnaissance de culpabilité.
Pour les jeunes conducteurs en période probatoire, cette infraction peut avoir des conséquences dramatiques :
- Permis probatoire 1 an (conduite accompagnée) : 3 points retirés sur 6 = invalidation
- Permis probatoire 2 ans : possibilité de stage obligatoire selon le solde restant
La récupération automatique des points suit ces délais :
| Situation | Délai de récupération |
|---|---|
| Aucune infraction ultérieure | 3 ans |
| Avec contraventions mineures | 3 ans après la dernière |
| Avec infractions graves | Jusqu’à 10 ans |
Vous pouvez accélérer ce processus en participant à un stage de sensibilisation à la sécurité routière. Ce stage permet de récupérer jusqu’à 4 points, une fois par an, pour un coût d’environ 200 à 300 euros.
Rétention et suspension du permis : les nouveaux risques
Depuis 2020, l’usage du téléphone peut déclencher une rétention immédiate du permis si cette infraction s’accompagne d’une autre violation grave liste dans le décret n°2020-605.
Les infractions simultanées concernées incluent :
- Non-respect de la signalisation (feux, stops, priorités)
- Circulation sur bande d’arrêt d’urgence
- Dépassement dangereux
- Excès de vitesse supérieur à 20 km/h
- Conduite en état d’ivresse manifeste
Cette rétention peut durer jusqu’à 72 heures, pendant lesquelles la préfecture décide d’une éventuelle suspension administrative pouvant aller de quelques jours à plusieurs mois.
Cette mesure vise à sanctionner immédiatement les conducteurs dont le comportement présente un danger manifeste pour la sécurité routière.
Oreillettes et kits mains-libres : attention aux idées reçues
Beaucoup de conducteurs l’ignorent encore : depuis 2015, l’usage d’oreillettes, écouteurs et casques (même Bluetooth) est strictement interdit au volant. Cette interdiction vise à préserver votre audition des signaux d’alerte extérieurs.
Les solutions autorisées restent limitées :
- Kit mains-libres intégré au véhicule (système d’origine)
- Haut-parleur du téléphone posé sur un support
- Systèmes de commande vocale intégrés au tableau de bord
Attention aux kits Bluetooth avec oreillette : ils tombent sous le coup de l’interdiction et vous exposent aux mêmes sanctions que l’usage du téléphone tenu en main.
Exceptions et cas particuliers
La loi prévoit quelques exceptions très strictes :
- Véhicule complètement arrêté, moteur éteint
- Appel d’urgence vers les services de secours
- Utilisation des fonctions GPS sans manipulation du téléphone
Même arrêté à un feu rouge ou dans un embouteillage, l’usage reste interdit si le moteur tourne.
Payer, contester ou éviter la perte de points : vos options
Face à une amende pour téléphone au volant, vous disposez de plusieurs stratégies selon votre situation.
Le paiement rapide pour bénéficier de l’amende minorée
Si vous reconnaissez l’infraction et souhaitez limiter les frais, le paiement dans les 15 jours (30 jours par télépaiement) vous permet de bénéficier de l’amende minorée de 90 euros. Cette solution convient si :
- Vous avez suffisamment de points sur votre permis
- Les faits sont incontestables
- Vous préférez régler rapidement l’affaire
La contestation via l’ANTAI pour éviter les points
La contestation auprès de l’ANTAI (Agence nationale de traitement automatisé des infractions) peut vous permettre d’échapper à la perte de points dans certains cas précis.
Cette stratégie fonctionne principalement pour :
- Les PV de vidéoverbalisation où le conducteur n’est pas clairement identifiable
- Les contraventions ‘à la volée’ sans interception du véhicule
- Les situations où vous n’étiez pas le conducteur
Le principe : vous payez l’amende (redevabilité pécuniaire) mais contestez l’identification du conducteur. Si votre contestation aboutit, vous récupérez l’amende et évitez la perte de points.
Cette procédure se fait exclusivement sur le site www.antai.gouv.fr avec votre numéro de télépaiement.
Le recours devant le tribunal
Vous pouvez choisir de contester l’infraction devant le tribunal dans les situations suivantes :
- Erreur manifeste dans la verbalisation
- Circonstances exceptionnelles (urgence médicale)
- Vice de procédure dans le contrôle
Attention : cette voie expose à l’amende maximale de 750 euros en cas de condamnation, mais permet d’éviter les points si vous obtenez gain de cause.
Prévention et bonnes pratiques pour éviter l’infraction
La meilleure stratégie reste évidemment la prévention. Voici les solutions pratiques les plus efficaces :
Configuration du téléphone
- Mode ‘conduite’ automatique dès la connexion Bluetooth voiture
- Mode avion pendant les trajets courts
- Paramétrage des réponses automatiques pour les SMS
- Désactivation des notifications non essentielles
Équipements autorisés
Investir dans des solutions légales peut vous faire économiser des amendes répétées :
- Support téléphone avec commande vocale
- Mise à niveau du système multimédia de votre véhicule
- Utilisation du GPS intégré plutôt que du téléphone
Formation et sensibilisation
Les stages de sensibilisation ne servent pas qu’à récupérer des points. Ils permettent aussi de prendre conscience des risques réels et d’adopter une conduite plus sûre.
De nombreux organismes proposent ces formations dans toute la France, avec des tarifs encadrés et une pédagogie adaptée.
FAQ : Vos questions sur l’amende téléphone au volant
Quelle est l’amende pour le téléphone au volant ?
L’amende forfaitaire est de 135 euros avec un retrait de 3 points. Vous pouvez bénéficier de l’amende minorée à 90 euros en payant dans les 15 jours (30 jours par télépaiement). En cas de retard, l’amende passe à 375 euros.
Combien de temps pour récupérer 3 points téléphone au volant ?
Vous récupérez automatiquement vos 3 points au bout de 3 ans sans infraction. Vous pouvez accélérer ce délai en participant à un stage de sensibilisation qui vous fait récupérer jusqu’à 4 points immédiatement, une fois par an.
Peut-on avoir 6 points de retrait pour téléphone au volant ?
Non, l’usage du téléphone seul entraîne un retrait de 3 points maximum. Cependant, si cette infraction s’accompagne d’autres violations (excès de vitesse, non-respect d’un stop), les retraits de points se cumulent et peuvent atteindre 6 points ou plus.
Quelle est la nouvelle loi pour le téléphone au volant ?
Le décret n°2020-605 permet désormais la rétention immédiate du permis si l’usage du téléphone s’accompagne d’une autre infraction grave. Cette mesure vise à sanctionner plus sévèrement les comportements dangereux multiples.
Comment contester une amende téléphone au volant sans arrestation ?
Pour les PV automatiques ou ‘à la volée’, vous pouvez contester sur www.antai.gouv.fr en invoquant l’impossibilité d’identifier le conducteur. Cette procédure vous permet de payer l’amende mais d’éviter la perte de points si votre contestation aboutit.