Vous regardez votre contrat de travail ou votre fiche de paie et cette question vous trotte dans la tête. 39 heures par semaine, ça fait combien par mois exactement ? On va être direct avec vous : on ne peut pas juste multiplier par quatre. Le calcul est un peu plus subtil car il se base sur un lissage annuel. On vous donne ici le chiffre exact, la formule officielle et tout ce que ça change pour votre salaire et vos RTT.
Contrat 39h : l’essentiel à retenir 📋
- Nombre d’heures mensuelles : un contrat de 39h par semaine équivaut à 169 heures par mois.
- La formule de calcul : on utilise la méthode du lissage : (39 heures × 52 semaines) / 12 mois.
- Détail des heures : votre salaire se base sur 151,67h normales (base 35h) + 17,33h supplémentaires.
- Heures supplémentaires : vous effectuez 4 heures supplémentaires structurelles chaque semaine (de la 36e à la 39e).
- Compensation possible : ces heures sont soit payées avec une majoration de 25%, soit converties en jours de RTT.
Le calcul exact des 169 heures mensuelles pour un contrat 39h
La question qu’on nous pose tout le temps est : « Pourquoi 169 heures et pas 156 (39h x 4) ? ». La réponse est simple : les mois n’ont pas tous la même durée. Certains ont 4 semaines, d’autres un peu plus. Pour que votre salaire soit stable chaque mois, le Code du travail impose une méthode de calcul appelée le lissage de la durée du travail.
Le principe est de calculer votre volume d’heures sur l’année entière, puis de le diviser par 12 pour obtenir une moyenne mensuelle. C’est cette moyenne qui sert de base pour votre rémunération.
Voici le calcul officiel, étape par étape :
- On calcule le total d’heures annuelles : on multiplie vos 39 heures hebdomadaires par les 52 semaines d’une année.
→ 39 heures/semaine × 52 semaines = 2 028 heures de travail par an. - On divise ce total par 12 mois : pour obtenir la moyenne mensuelle.
→ 2 028 heures / 12 mois = 169 heures par mois.
Votre contrat de travail et votre fiche de paie mentionneront donc toujours cette base de 169 heures mensuelles. C’est la référence légale pour un temps plein à 39 heures par semaine.
Comparatif 35h vs 39h : ce que ça change vraiment
Pour bien visualiser la différence, on a préparé un tableau simple qui compare les deux durées de travail les plus courantes.
| Élément | Contrat 35h (durée légale) | Contrat 39h | Différence (heures sup.) |
|---|---|---|---|
| Durée hebdomadaire | 35 heures | 39 heures | + 4 heures |
| Durée mensuelle lissée | 151,67 heures | 169 heures | + 17,33 heures |
| Durée annuelle | 1 607 heures | 2 028 heures | + 208 heures |
Comme vous le voyez, un contrat à 39h représente 208 heures supplémentaires par an par rapport à un contrat standard de 35h. Ces heures doivent obligatoirement être compensées.
Quel impact sur la rémunération et le salaire ?
Passer à 39 heures par semaine a un impact direct sur votre salaire brut, car les heures au-delà de la durée légale de 35 heures sont majorées. Votre rémunération mensuelle se compose en réalité de deux parties distinctes :
- Le salaire de base pour 151,67 heures (le temps plein légal).
- La rémunération des 17,33 heures supplémentaires mensuelles, avec une majoration.
Les taux de majoration des heures supplémentaires
Le Code du travail est très clair sur ce point. Sauf si un accord collectif plus favorable existe dans votre entreprise, la majoration est fixée comme suit :
- +25% de majoration pour les 8 premières heures supplémentaires, soit de la 36e à la 43e heure.
- +50% de majoration pour les heures suivantes, à partir de la 44e heure.
Dans le cadre d’un contrat de 39 heures, les 4 heures supplémentaires hebdomadaires (de la 36e à la 39e) sont donc toujours majorées à 25%. Attention, une convention collective ou un accord de branche peut prévoir un taux différent, mais il ne pourra jamais être inférieur à +10%.
Exemple concret avec un salaire horaire de 12 € brut
Imaginons que votre taux horaire brut soit de 12 €. Voici comment votre salaire pour un contrat 39h serait calculé :
- Salaire de base : 151,67 heures × 12 € = 1 820,04 €
- Heures supplémentaires majorées : 17,33 heures × (12 € × 1,25) = 17,33 × 15 € = 259,95 €
- Salaire brut total : 1 820,04 € + 259,95 € = 2 080 € brut par mois.
Et avec le SMIC, ça donne quoi ?
Le calcul est le même si vous êtes payé au SMIC. L’augmentation du temps de travail augmente mécaniquement votre rémunération mensuelle.
Pour l’année 2025 (sur la base des estimations), un salarié au SMIC avec un contrat 39h toucherait environ 2 059,20 € brut par mois. Une fois les cotisations sociales déduites, cela représente un salaire net mensuel situé entre 1 600 € et 1 650 €, selon les spécificités de votre statut et de votre entreprise.
Heures supplémentaires : paiement majoré ou jours de RTT ?
On nous demande souvent si les heures supplémentaires sont obligatoirement payées. La réponse est non. Tout dépend de ce que prévoit l’accord collectif applicable dans votre entreprise. Il existe deux manières principales de compenser les heures effectuées entre 35 et 39 heures par semaine.
Le choix entre le paiement et le repos est généralement fixé par un accord d’entreprise ou une convention collective. Il est rarement laissé au libre choix du salarié.
Option 1 : Le paiement des heures majorées
C’est la solution la plus simple : les 4 heures supplémentaires hebdomadaires apparaissent sur votre fiche de paie et sont payées avec la majoration de 25% qu’on a vue plus haut. C’est l’option par défaut s’il n’y a aucun accord spécifique dans votre entreprise.
Option 2 : L’attribution de jours de RTT
L’autre option est de transformer ces heures en jours de repos. C’est le principe de la Réduction du Temps de Travail (RTT). Les heures travaillées au-delà de 35h sont accumulées sur un compteur et vous donnent droit à des journées ou demi-journées de repos.
Pour un contrat de 39 heures, cela représente 4 heures par semaine. Sur une année, cela peut correspondre à environ 22 à 26 jours de RTT, en fonction des modalités de calcul de votre entreprise. C’est un avantage important pour l’équilibre entre vie professionnelle et personnelle.
Bon à savoir : RCR et COR, de quoi parle-t-on ? 👀
Vous entendrez peut-être parler de ces deux sigles :
- RCR (Repos Compensateur de Remplacement) : C’est le nom technique du mécanisme qui remplace tout ou partie du paiement des heures supplémentaires par du repos. Une heure sup majorée à 25% donne droit à 1h15 de repos.
- COR (Contrepartie Obligatoire en Repos) : C’est un repos additionnel qui s’ajoute au paiement des heures. Il est obligatoire si vous dépassez le contingent annuel d’heures supplémentaires fixé par la loi ou votre convention.
Le cadre légal du contrat 39h à respecter
Un contrat de 39 heures par semaine est parfaitement légal, mais il doit respecter certaines règles fixées par le Code du travail. L’employeur ne peut pas faire n’importe quoi.
Le contingent annuel d’heures supplémentaires
La loi fixe une limite au nombre d’heures supplémentaires qu’un salarié peut effectuer sur une année : c’est le contingent annuel. Par défaut, ce contingent est de 220 heures par an et par salarié. Une convention ou un accord collectif peut prévoir un chiffre différent.
Le point important à comprendre, c’est que les 208 heures structurelles de votre contrat 39h sont déjà décomptées de ce contingent. Il ne vous reste donc qu’une marge très faible (220 – 208 = 12 heures) avant que l’employeur ne doive déclencher des contreparties obligatoires en repos (la fameuse COR).
Les durées maximales de travail
Même avec un contrat de 39h, votre employeur doit respecter des durées maximales de travail pour protéger votre santé. Ces limites sont impératives :
- 10 heures par jour.
- 48 heures sur une même semaine.
- 44 heures en moyenne sur une période de 12 semaines consécutives.
Si votre employeur vous demande de dépasser ces seuils, il se met en infraction, sauf autorisation exceptionnelle de l’Inspection du travail.
Enfin, il est essentiel que la durée de 39 heures hebdomadaires soit clairement inscrite dans votre contrat de travail. Les modalités de paiement des heures supplémentaires ou l’attribution de RTT doivent aussi y être détaillées.
Avantages et inconvénients du contrat à 39 heures
Travailler 39 heures par semaine présente des avantages et des inconvénients, à la fois pour le salarié et pour l’employeur. On vous résume les points principaux.
Pour le salarié
- ✅ Avantages : une rémunération mensuelle plus élevée grâce aux heures majorées, l’acquisition potentielle de nombreux jours de RTT, et des cotisations plus importantes pour la retraite.
- ❌ Inconvénients : une amplitude horaire plus grande qui peut générer de la fatigue, et un équilibre entre vie professionnelle et personnelle parfois plus difficile à trouver.
Pour l’employeur
- ✅ Avantages : une plus grande flexibilité pour organiser le travail et une capacité de production accrue sans avoir à recruter. Permet de mieux s’adapter aux pics d’activité.
- ❌ Inconvénients : une masse salariale plus élevée à cause du coût des majorations, et une gestion administrative plus complexe (suivi des heures, des RTT, du contingent…).
FAQ : les questions fréquentes sur le contrat 39h
Combien de RTT par mois pour un contrat 39h ?
Cela dépend de l’accord d’entreprise, mais en général, 4 heures de RTT par semaine correspondent à environ 2 jours de RTT par mois. Le calcul précis peut varier (jours ouvrés, jours ouvrables).
Comment sont gérés les jours fériés ?
Un jour férié chômé est payé comme une journée de travail normale et n’a pas d’impact sur votre salaire mensuel. Il réduit le nombre d’heures à effectuer cette semaine-là, mais le seuil de déclenchement des heures supplémentaires reste le même.
Peut-on refuser les heures supplémentaires dans un contrat 39h ?
Non. Les 4 heures hebdomadaires de la 36e à la 39e sont prévues dans votre contrat de travail, elles sont donc structurelles et obligatoires. En revanche, vous pouvez refuser les heures supplémentaires demandées par votre employeur au-delà de 39h, sauf en cas de circonstances exceptionnelles.
Comment passer d’un contrat 35h à 39h ?
L’employeur ne peut pas vous l’imposer. Le passage de 35h à 39h constitue une modification de votre contrat de travail. Votre employeur doit vous proposer un avenant à votre contrat, que vous êtes totalement libre d’accepter ou de refuser. Un refus ne peut pas être un motif de licenciement.