On nous pose souvent la question de l’indemnité de résidence, ce complément de salaire qui change selon la ville où l’on travaille. On va être direct avec vous : son calcul dépend uniquement de votre commune d’affectation et d’un classement qui date un peu. Le truc, c’est que sans les bons chiffres et la bonne liste, on s’y perd vite. On vous donne ici les montants exacts pour 2026, la méthode de calcul simple et la liste des communes par zone pour que vous sachiez enfin ce à quoi vous avez droit.

Montants et Zones de l’Indemnité de Résidence en 2026

Zone de résidence Taux applicable sur le traitement brut Montant minimum mensuel brut garanti
Zone 1 3 % 54,05 €
Zone 2 1 % 18,01 €
Zone 3 0 % 0 €

Attention, le calcul se base sur la commune où vous exercez vos fonctions, pas celle où vous habitez.

Comment est calculée l’indemnité de résidence ?

Le calcul de votre indemnité de résidence est assez simple une fois qu’on a la formule. On prend votre traitement brut mensuel et on lui applique un pourcentage qui dépend de votre zone d’affectation.

La base de calcul exacte est la suivante : (Traitement Indiciaire Brut + Nouvelle Bonification Indiciaire) x Taux de la zone (1% ou 3%). La NBI est un complément de salaire lié à certaines responsabilités ou difficultés du poste. Si vous en touchez une, elle est bien prise en compte.

Le principe du montant minimum (le « plancher »)

Il existe un montant minimum garanti pour les zones 1 et 2. Ce plancher est calculé sur la base de l’indice majoré 366. Concrètement, si le calcul (votre traitement x le taux) donne un résultat inférieur à ce plancher, vous toucherez quand même le montant minimum. C’est une sécurité pour les agents en début de carrière avec un plus petit traitement indiciaire.

Le montant de l’indemnité de résidence est donc toujours le plus avantageux entre les deux : soit le résultat de votre calcul personnel, soit le montant minimum de votre zone.

Exemples de calcul pour y voir plus clair

  • Cas 1 : Agent en zone 1 sans NBI
    Votre traitement brut est de 2 300 €. Le calcul est : 2 300 € x 3 % = 69 €. Ce montant est supérieur au plancher de 54,05 €, vous touchez donc 69 €.
  • Cas 2 : Agent en zone 1 avec NBI
    Votre traitement brut est de 2 300 € et vous avez une NBI de 80 €. La base de calcul est 2 380 €. Le calcul est : 2 380 € x 3 % = 71,40 €.
  • Cas 3 : Agent débutant en zone 2 (cas du plancher)
    Votre traitement brut est de 1 800 €. Le calcul est : 1 800 € x 1 % = 18 €. Ce montant est inférieur au plancher de 18,01 €. Vous toucherez donc le montant minimum de 18,01 €.

Quelle est votre zone ? La liste des communes classées

C’est la question la plus importante : savoir dans quelle zone se situe votre commune de travail. Ce classement a été fixé par une circulaire du 12 mars 2001 et, on préfère vous prévenir, il n’a pas été mis à jour depuis, malgré l’évolution du coût de la vie.

Communes en Zone 1 (taux de 3 %)

La zone 1, qui correspond au pourcentage de traitement le plus élevé, concerne les zones où le coût de la vie est jugé le plus cher. On y trouve principalement :

  • Toutes les communes de l’Île-de-France (départements 75, 77, 78, 91, 92, 93, 94, 95).
  • Toutes les communes des agglomérations de Marseille-Aix-en-Provence, Lille, Lyon et Strasbourg.
  • Certaines communes de la Côte d’Azur comme Cannes et l’agglomération de Sophia-Antipolis.
  • Les agents exerçant à Monaco ou Genève.

Communes en Zone 2 (taux de 1 %)

La zone 2 regroupe de nombreuses grandes agglomérations et unités urbaines. Si votre commune d’affectation est l’une des suivantes (ou son agglomération), vous avez droit au taux de 1 % :

  • Grandes agglomérations : Bordeaux, Grenoble, Montpellier, Nantes, Nice (hors zone 1), Rennes, Rouen, Saint-Étienne, Toulon, Toulouse.
  • Autres villes importantes : Angoulême, Arcachon, Bayonne, Besançon, Brest, Caen, Chambéry, Clermont-Ferrand, Dijon, Dunkerque, Le Havre, Limoges, Metz, Nancy, Orléans, Pau, Poitiers, Reims, Saint-Nazaire, Thionville, Tours, Troyes, Valenciennes.
  • Les communes de Corse et certaines communes de l’Ain et de la Haute-Savoie (classées en zone géographique A).

Communes en Zone 3 (taux de 0 %)

C’est la zone par défaut. Si votre commune de travail ne figure pas dans la liste des communes classées en zone 1 ou 2, alors vous êtes en zone 3. Dans ce cas, vous ne touchez pas d’indemnité de résidence. Cela concerne la majorité des communes rurales et des villes moyennes en France.

Notre conseil 💡

Ce classement date de 2001. Le coût de la vie a beaucoup changé depuis et de nombreuses villes mériteraient d’être reclassées. Malheureusement, c’est ce texte qui fait foi. Pour vérifier le statut exact de votre commune, vous pouvez consulter le document officiel.

Pour consulter le document source : Circulaire du 12 mars 2001 (PDF).

Cas particuliers et situations spécifiques

La question qu’on nous pose tout le temps concerne les situations qui sortent du cadre classique. Voici les réponses pour les cas les plus fréquents.

  • Travail à temps partiel : L’indemnité est calculée sur la base d’un temps plein, puis le résultat est réduit proportionnellement à votre temps de travail. Par exemple, pour un 80 %, vous toucherez 80 % du montant de l’indemnité.
  • Couple de fonctionnaires : Si vous et votre conjoint(e) êtes tous les deux agents publics, chacun perçoit sa propre indemnité de résidence, calculée sur son propre traitement et en fonction de sa propre commune d’affectation.
  • Affectation dans une agglomération : Si vous travaillez dans une commune membre d’une agglomération urbaine qui contient des communes classées dans des zones différentes, c’est le taux le plus élevé qui s’applique à tous les agents de l’agglomération.
  • Congé maladie : Même si vous êtes en congé maladie à demi-traitement, votre indemnité de résidence est maintenue en intégralité.
  • Absence pour grève : En cas d’absence de service fait (comme une grève), l’indemnité suit le sort du traitement. Elle est donc réduite au même titre que votre salaire.

Régime fiscal et social : devez-vous déclarer l’indemnité ?

Oui, on vous le confirme tout de suite : l’indemnité de résidence est entièrement imposable. Elle doit être intégrée à votre revenu net imposable au même titre que votre traitement indiciaire brut.

D’un point de vue social, elle est également soumise à plusieurs cotisations. Voici l’essentiel à retenir :

  • CSG et CRDS : Ces contributions sont prélevées sur une base de 98,25 % de son montant brut.
  • Cotisation retraite : Elle est soumise à la cotisation pour le Régime de Retraite additionnelle de la Fonction publique (RAFP).
  • Heures supplémentaires : Le montant de l’indemnité de résidence est inclus dans la base de calcul de la rémunération de vos heures supplémentaires.

En résumé, cette indemnité est considérée comme un élément de salaire à part entière, tant pour les impôts que pour les cotisations sociales.